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Les jolités

Mis à jour le 12 mars 2017 par Webmaster


- - Essai de définitions

Bois de Spa :
Artisanat, apparu à Spa dans la première moitié du 17e siècle, qui consiste à fabriquer des objets, utilitaires ou décoratifs, de formes extrêmement variées, en bois, naturel ou « gris », incrusté, tourné, peint et verni selon les époques .
Très en vogue aux 17e et 18e siècles, son développement a suivi celui du bourg de Spa. Le déclin amorcé au 19e siècle, s’est poursuivi jusqu’à nos jours où quelques artisans tabletiers, tourneurs, peintres et vernisseurs perpétuent ce métier d’art.

Jolités :

« Aux 16e et 17e siècles, les oeuvres produites par les ébénistes, les tourneurs, voire même les luthiers, s’appelaient des jolités. Au 18e, on entendait par ce même mot les menus objets du ressort de la marqueterie, de l’incrustation, de la tabletterie. »
(Albin Body, Essai historique sur les ouvrages peints dits Boîtes de Spa, p. 13)


- - Développement historique

Tout commence dès avant le 17e siècle, avec l’arrivée des premiers curistes qui doivent arpenter les chemins caillouteux menant aux nombreuses sources. Ils encouragent donc les artisans spadois dans la fabrication de cannes.
Très vite, ces derniers vont diversifier leur production. Soufflets et brosses de foyer, brosse à habits puis coffrets, boîtes à quadrille et autres étuis viennent compléter le choix proposé à la société, brillante et fortunée, des bobelins (appellation locale désignant les curistes).

Ceux-ci ont directement accès aux ateliers de fabrication et ils influencent l’évolution des techniques et des styles, important les modes en vogue dans les grandes villes d’Europe.
C’est ainsi qu’au 17e siècle, on passe de la technique de l’incrustation de métaux (argent, cuivre, étain) et de matières semi-précieuses (ivoire, nacre) aux imitations de laques de Chine, chères aux styles Louis XIV et Louis XV.

Passée la vogue des laques, les décorateurs spadois conservent cette habitude de vernir tous les objets sortant de leurs ateliers.

Le 18e siècle voit apparaître de nouveaux thèmes mis au goût du jour par la Régence : les scènes galantes, d’inspiration française, ou populaires, d’inspiration flamande, côtoient des sujets mythologiques et bibliques.
Age d’or de la cité thermale, la seconde moitié du 18e siècle est aussi celui du lavis. Finement réalisés à la plume et au pinceau, ces décors à l’encre de Chine représentent les principales curiosités locales ou régionales.


Quant au style Louis XVI, il introduit à profusion fleurs et insectes sagement cantonnés dans des guirlandes de perles et de rubans parfois agrémentés de devises amoureuses ou amicales.

La Révolution française sonne le glas des saisons spadoises ; abandonnée par l’aristocratie et occupée par la soldatesque, la cité voit se clore son âge d’or.
Ni la diversification des formes de tabletterie ni la découverte fortuite d’un nouveau procédé de fabrication dit « bois gris » (obtenu par trempage dans l’eau ferrugineuse) ne permettent d’atteindre le niveau artistique du siècle précédent.
Le XIXe siècle adapte sa production aux exigences de la nouvelle clientèle bourgeoise. Moins fortunée et moins éclairée, celle-ci incite les décorateurs à se limiter à un choix de sujets plus restreint quelquefois même stéréotypé. Les fleurs au naturel, les scènes de genre et surtout les sujets animaliers laissent peu de place aux compositions originales.

Quant aux artistes du XXe siècle, mises à part quelques tentatives fort rares, ils n’adaptent aucun courant artistique contemporain. Ils se bornent soit à une tendance naturaliste, héritière du 19e siècle, soit exploitent la veine des pastiches imitant les styles anciens avec une nette préférence pour le Louis XVI.


L’artisanat du Bois de Spa n’a cessé de décliner durant les deux siècles passés et les derniers professionnels se comptent sur les doigts d’une main. Il n’empêche que les témoins de son glorieux passé attendent votre visite pour vous dévoiler toute leur splendeur.